ArtCatalyse : l'art qui dialogue avec l'environnement

Expositions en cours




  L’art qui dialogue avec l’environnement



Entropie, j’écris ton nom

Le magasin des horizons, CNAC Grenoble

08.03 - 28.07.2019






 







 




 

 












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Communiqué de presse


Source d’inspiration, réservoir de formes, de matériaux comme de gestes, image mouvante d’un monde toujours en transformation, le chantier est un motif majeur investi par les artistes depuis le début du XXème siècle.

Nombre d’entre eux ont entamé une réflexion sur la façon dont la monumentalité continue de hanter les pratiques de l’art et de l’architecture. Et c’est d’ailleurs cette interrogation qui relie les œuvres choisies pour cette nouvelle exposition au MAGASIN des horizons.



 









 





































































 













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Gilles Aillaud

Important



Marika Prévosto

À

sandie hatem

jul 1 à 2h10 PM

Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent

En coproduction avec les Musées des beaux-arts de Rennes et de Saint-Rémy de Provence, cette rétrospective parrainée par la Fondation d’Entreprise Michelin est la première grande exposition consacrée à l’artiste depuis 10 ans. Une cinquantaine de tableaux provenant de grandes collections publiques et privées seront exposés au FRAC Auvergne.























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Exposition du 10 décembre 2016 au 05 mars 2017.
Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes – 06570 Saint-Paul de Vence. Tél. : +33 (0)4 93 32 81 63. Ouverture tous les jours de 10h à 18h.

Exposition du 10 décembre 2016 au 30 mars 2017.

Espace de l’Art Concret, château de Mouans – 06370 Mouans-Sartoux. Tél. : +33 (0)4 93 75 71 50. Ouverture du mercredi au dimanche de 13h à 18h.

À l’Espace de l’Art Concret, mettant en jeu le concept d’art total dans C’est à vous de voir..., , Pascal Pineau investit les espaces du Château pour en retrouver la fonction originelle, interrogeant la valeur d’usage des œuvres. Expérimentant les limites du décoratif et de l’ornemental, il ouvre un dialogue entre pièces issues de l’artisanat, du design, objets de brocante et œuvres d’art ‘proprement dites’. Ainsi, les salles d’exposition se transforment en une succession d’espaces domestiques fictifs. Cuisine, bureau, salon, chambre d’enfant, suite parentale… chaque pièce peut se percevoir comme un portrait en creux de l’artiste qui pose un regard introspectif sur une trentaine d’années de pratique artistique.

Sur l’invitation de Pascal Pinaud, Alexandre Curtet, fondateur de Loft interior designers, a été sollicité pour concevoir l’aménagement intérieur de ces espaces en dialogue avec ses œuvres, mais aussi celles d’artistes avec lesquels ce dernier partage des affinités esthétiques, comme Noël Dolla, Mathieu Mercier, Natacha Lesueur, Philippe Ramette…







Exposition du 08 mars au 28 juillet 2019. Le magasin des horizons, centre national d'arts et de cultures, site Bouchayer-Viallet, 8 esplanade Andry-Farcy – 38000 Grenoble. Tél.  : +33 (0)4 76 21 95 84. Ouverture  du mardi au vendredi de 13h à19h, samedi et  dimanche de 14h à19h.




 









 





  







































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  © ArtCatalyse / Marika Prévosto 2007 - 2019. Tous droits réservés

L’idée d’entropie ou de désordre croissant traverse l’ensemble des vidéos et installations proposées aux visiteur·euse·s. Si nombre d’entre elles ont à voir avec un travail en cours, sorte de work in progress, c’est qu’il s’agit pour le MAGASIN des horizons d’une situation transitoire. Cette exposition est en totale résonance avec l’actualité du centre d’arts dont le bâiment a entamé une réhabilitation expérimentale sous l’impulsion d’artistes invité.e·s.

Si les murs sont érigés pour se protéger du froid et des intempéries, pour autant ils limitent et cloisonnent les espaces et les communautés. Souvent ostentatoires, ils incarnent des enjeux de pouvoir et de mémoire. Ils sont métaphore du caché, du « non-dit ». Loin de toute neutralité, ils sont porteurs d’une symbolique sociale, politique, idéologique et sexuelle. Frontières physiques ou mentales, les murs posent la question de la limite et donc de la transgression. Limites à abattre ou du moins à débattre, à déonstruire, à déplacer, à transgresser, à pervertir ?

 

Questionner l’architecture et l’espace, remettre en question les principes établis, faire tomber les murs des pratiques et des genres, repousser les limites de l’art, déconstruire et dématéialiser, tels sont les préupposés de chacune des démarches des artistes. De quoi déboussoler la trop longue tradition du marquage des territoires et des esprits.


Les artistes : Lida Abdul, Lara Almarcegui, Michel Blazy, Monica Bonvicini, Heidi Bucher, Elena Carrillo Palacios, Hassan Darsi, Alicja Karska & Aleksandra Went, Gordon Matta-Clark, Bie Michels, Dominika Skutnik, Adrien Tirtiaux.


Pour aller plus loin


La question du genre et de l'architecture


Partant du constat que les femmes tout comme les peuples colonisés n’ont guère eu le droit de participer à l’écriture de la grande histoire de l’architecture, il nous faut en déconstruire l’hégémonie masculine. L’imaginaire convoqué autour de la construction renvoie traditionnellement au domaine réervé à la gent masculine (gros-œuvre, matériaux de construction, échafaudages, etc.). Là où l’architecture se réfère invariablement au phallus et à une symbolique du pouvoir dominant, le chantier, à la fois comme pratique (celle de la mise en chantier) et comme motif (un état transitoire, un arrêt sur image) devrait être l’apanage des femmes. Le chantier, pris dans son acception la plus classique comme l’étape précédent l’érection d’un bâtiment, renvoie davantage à une gestation horizontale du monde àvenir.


Monica Bonvicini, qui s’emploie depuis le début des années 90 à détruire la barrière du genre en architecture énonce : « Pour moi une architecture neutre n’existe pas. Rien n’est neutre à partir du moment où tu ouvres une porte et entres quelque part » (In entretien mené par Michele Robecchi pour Contemporary , Londres, n° 74, 2005). Son marteau vengeur vient ouvrir une brèche dans les murs de nos certitudes quant à la division genrée du travail.

Dans le premier film d’Aleksandra Went et Alicja Karska réalisé en 2002, le rôle des femmes dans l’ordre spatial patriarcal est clairement illustré. Des femmes portant des uniformes de femmes de chambre errent dans une structure brute d’un bâtiment en démolition. Les hommes, comme par un retour au réel, vont venir mettre fin à cette pseudo-danse et commencer la destruction effective du bâtiment fantôme.  

Ecartées des instances de pouvoir dans l’Afghanistan des Talibans, les femmes sont reléguées au rôle de réparatrices des dégâts causés par les rivalités masculines. Lida Abdul tente, par un geste simple et éinent symbolique, de repeindre en blanc (couleur des linceuls) les monceaux de gravats d’un palais bombardé, puis dans le même geste, le dos d’un homme en habit noir traditionnel.

En confiant truelles, marteaux et quelques rudiments de savoir-faire aux femmes des communautés rurales du Nicaragua et du Mexique, l’architecte Elena Carrillo Palacios rend compte des potentialités constructives et inventives habituellement confisquées aux dites repréentantes du sexe faible.

Et si l’architecture pouvait s’écrire autrement avec d’autres matériaux, telles sont les questions laissées en suspens, qui sont cependant déterminantes pour l’avenir. N’est-il pas néessaire de réfléhir à des modes constructifs répondant véritablement aux besoins des populations et respectueux de l’environnement ? Les femmes reléguées aux tâches ménagères et de cuisine sont souvent pénalisées par des conceptions masculines laissant peu de place aux humbles notions de praticité.


La question des peuples colonisés et de l'architecture vernaculaire


Le film de Bie Michels traite des différentes péiodes de la colonisation européenne de Madagascar et de leur impact sur la culture constructive. L’usage des briques et leurs multiples agencements résultent directement de cette histoire coloniale. Il s’agit là d’une appropriation de techniques qui font dorénavant partie du patrimoine culturel de cette contrée autrefois dirigée par une reine.

De la même manière, Hassan Darsi, en repeignant la façade d’un bâtiment érigé par les Français et aujourd’hui abandonné, pointe le fait paradoxal que l’architecture coloniale fait bel et bien partie de l’histoire de Casablanca (Maroc). Aussi, pour l’artiste, la conservation de cet héritage devrait faire partie intégrante des politiques urbaines marocaines.

Enfin, le projet que documente Lara Almarcegui a consisté à enterrer les restes d’une maison en bois qui devait êre démolie dans l’un des quartiers les plus anciens de Dallas (États-Unis), sur le lieu même de sa destruction. En créant une sorte de site commémoratif de cette architecture vernaculaire, l’artiste ouvre un espace de réflexion sur le passé et l’histoire de ces constructions en bois traditionnelles attribuées « aux pionniers », et plus généralement sur l’avenir du quartier qui fera certainement l’objet d’opérations immobilières. On y verra aussi un hommage aux peuples autochtones dont les modes de vie nomade ont laissé encore moins de traces…


La question de la dématérialisation de l'œuvre d'art


Les œuvres d’Adrien Tirtiaux et de Michel Blazy sont d’illustres exemples de la métaphore du vivant contre le pétrifié du vécu, contre l’anesthésie, du transitoire contre l’éternel. Invariablement, une œuvre d’art achevée se sédimente dans la durée de l’exposition : elle porte en elle la négation du temps ayant présidé à sa création. Une œuvre qui se présente au spectateur comme un chantier, comme une entreprise qui ne veut pas finir, produit un tout autre effet dynamique. Elle paraît au contraire contenir du vivant, ne pas vouloir pactiser avec une fin quelconque, en une relance perpétuelle du cycle de la création/ destruction.

Le Mur de pellicules imaginé par Michel Blazy à base d’agar-agar et de colorant alimentaire évolue avec le temps selon les conditions hygrothermiques du lieu. La fine couche de surface se décolle peu à peu, à l’instar d’une fresque organique en constante mutation. L’installation donne à voir une accélération du temps, une desquamation anticipée des murs peints.

À sa manière, avec La quête des horizons, Adrien Tirtiaux vient honorer l’histoire illustre du MAGASIN qui a vu de nombreux artistes investir les lieux et laisser, les uns aprè les autres, les traces indélébiles de leur passage. Cette activité destructrice constitue alors une sorte de work in regress.