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Prix COAL Art & Environnement 2017 : Anne Fisher



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Prix COAL 2017 : Anne Fisher

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Le Prix COAL Art et Environnement 2017 a récompensé l’artiste Anne Fischer pour son projet Rising from its Ashes. La lauréate a été sélectionnée par un jury de personnalités de l’art contemporain et de l’écologie parmi dix artistes nommés, au musée de la chasse et de la nature.


Diplômée de la Design Academy d’Eindhoven en 2016, Anne Fischer utilise le design pour apporter des réponses, esthétiques et sensibles, à des problèmes actuels. Sa pratique se nourrit de multiples collaborations avec des scientifiques et des artisans, dont elle démocratise l’expertise à travers une démarche créative. Banc modulable pour sensibiliser à la diversité de la forêt amazonienne ou bassine de toilette pour personnes âgées, ses pièces, en explorant la matière, s’inscrivent dans une dynamique écologique, économique et sociale forte. Anne Fischer est née en 1988 à Schiltigheim, en France. Elle vit et travaille à Paris.


Son projet Rising from its Ashes, est né sur le site des Avinières, dans un petit hameau cévenol. C’est là que deux fleurs des champs Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens, se sont adaptées au fil du temps jusqu’à décontaminer les sols de cette mine de zinc, l’une des plus anciennes de France. Ces deux herbacées, que les scientifiques qualifient d’hyperaccumulatrices, extraient puis stockent les métaux lourds des substrats pollués, mais deviennent à leur tour toxiques. Utilisées dans le cadre de procédés de phytoremédiation (autrement dit de dépollution par les plantes) Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens nécessiteraient plus d’un demi-siècle pour purifier le site des Avinières, d’où la nécessité de s’interroger sur le devenir de ces plantations. En collaboration avec Claude Grison, chimiste au laboratoire ChimEco du CNRS de Montpellier, Anne Fischer a donc recherché des pistes de valorisation pour ces étranges végétaux. C’est en se tournant vers l’histoire de la région que la designer a envisagé d’en tirer des émaux. Outre leurs ressources minières, les Cévennes étaient en effet très connues pour leurs poteries : à l’époque de Louis XIV, les vases d’Anduzes connaissent leur heure de gloire, leurs larges pots servant de contenants à la collection d’orangers de Versailles. Or Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens, calcinées à basse température, permettent de produire des émaux aux nuances particulières, ce qui neutralise les effets toxiques des métaux lourds dans une fine couche de verre. Anne Fischer souhaite explorer le potentiel de ces plantes afin de lier passé industriel et tradition, revitalisant une région et son patrimoine.


 


La lauréate du Prix COAL Art et Environnement 2017 bénéficie d’une dotation de 5 000 euros et d’une résidence au domaine de Belval, propriété de la Fondation François Sommer, assortie d’une aide financière complémentaire à la production.


Les neuf autres artistes nominés pour le Prix COAL Art et Environnement 2017 :

Afour Rhizome (Corée du Sud), Ce vent dont vous parlez nous porte loin de nous-même ; Erich Berger et Mari Keto (Autriche, Finlande), INHERITANCE – The Ritual of Measurement ; Isabelle Daëron (France), Topique-eau non potable ; Abdessamad El Montassir (Maroc), Résistance Naturelle ; La Vallée (France), Pietra P. ; Martin Le Chevallier (France), Obsolescence programmée ; Le Nouveau Ministère de l’Agriculture (France), Les Nouveaux produits du terroir. Les Diamants Maquignons ; Gideon Mendel (Afrique du Sud), Drowning World et Anaïs Tondeur (France), Noir de carbone.