L’art qui dialogue avec l’environnement
Communiqué de presse
Le Centre d’art des Tanneries vous invite à découvrir dans sa Grande Halle le dernier cycle de la saison 7 Les registres du jeu avec l’exposition du groupe CLARA, intitulée Maturités et présentée du 3 juin au 27 août 2023.
CLARA est la somme de quatre artistes (Emmanuel Aragon, Samuel Buckman, Virginie Delannoy et Gilles Picouet) ayant chacune et chacun des pratiques différenciées dans le cadre d’aspirations communes. Les citant, « Depuis 2005, nous travaillons à côté de ces recherches individuelles avec un principe unitaire, comme si nous étions une seule et même personne. »
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Gilles Aillaud
Important
Marika Prévosto
À
sandie hatem
jul 1 à 2h10 PM
Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent
En coproduction avec les Musées des beaux-
.
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Exposition du 10 décembre 2016 au 05 mars 2017.
Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes – 06570 Saint-
Exposition du 10 décembre 2016 au 30 mars 2017.
Espace de l’Art Concret, château de Mouans – 06370 Mouans-
À l’Espace de l’Art Concret, mettant en jeu le concept d’art total dans C’est à vous de voir..., , Pascal Pineau investit les espaces du Château pour en retrouver la fonction originelle, interrogeant la valeur d’usage des œuvres. Expérimentant les limites du décoratif et de l’ornemental, il ouvre un dialogue entre pièces issues de l’artisanat, du design, objets de brocante et œuvres d’art ‘proprement dites’. Ainsi, les salles d’exposition se transforment en une succession d’espaces domestiques fictifs. Cuisine, bureau, salon, chambre d’enfant, suite parentale… chaque pièce peut se percevoir comme un portrait en creux de l’artiste qui pose un regard introspectif sur une trentaine d’années de pratique artistique.
Sur l’invitation de Pascal Pinaud, Alexandre Curtet, fondateur de Loft interior designers, a été sollicité pour concevoir l’aménagement intérieur de ces espaces en dialogue avec ses œuvres, mais aussi celles d’artistes avec lesquels ce dernier partage des affinités esthétiques, comme Noël Dolla, Mathieu Mercier, Natacha Lesueur, Philippe Ramette…
Le processus de création du groupe s’inscrit sur un temps long habité de découvertes progressives de lieux, d’objets et d’échanges, fruits de précieuses rencontres humaines, dans un aller-
Poursuivant leur démarche de mise au jour d’un patrimoine, Maturités tire son origine de la découverte du Potager du Roi à Versailles, et plus particulièrement du 5ème jardin des Onze consacré au développement d’arbres fruitiers, où plus d’une centaine d’éléments expirait peu à peu. Contournant la finitude que représentait l’arrachage de ces arbres souffrants, l’exposition offre une seconde vie à ces témoins d’un passé ancien. Une histoire que les artistes ont pu puiser et approfondir en collaborant avec les étudiants de l’École nationale supérieure de paysage et les jardiniers qui, ensemble, participent à la conservation, la gestion et la valorisation de ce site historique.
Accompagnant CLARA dans son projet, les Tanneries ont proposé une résidence de recherche permettant d’appréhender la matérialité de ces premières formes extraites de leur contexte naturel et d’expérimenter des modes de présentation. Dans le prolongement de ce premier geste attentif, du sol de la Grande Halle émergent des figures dans une grande nappe flottante, avec leur présence étrange, irréelle, mythique, presque fantomatique. Et tandis que d’autres sont déposés à même le sol ou s’appuient sur des tuteurs sans fin, les dernières tentent de trouver leur équilibre sur des béquilles, une posture encore possible dans cette « exo-
Note d’intention de Clara
« Les oeuvres de CLARA sont des lieux. Elles invitent à les parcourir, à s’y déplacer, s’y enfoncer, s’y risquer. Comme une action palpable encore en cours, leur élaboration laisse place à l’expérience à venir, à vivre. Espaces rudimentaires, élémentaires, elles peuvent déstabiliser par leur apparence brute, brusque. À l’échelle de l’architecture ainsi qu’à celle d’infimes détails minutieux, elles provoquent notre facult é à nous immerger, à sentir de tout notre corps les multiples histoires qui relient des lieux et des êtres.
Dans la continuité de l’exposition Devenir charpente réalisée en 2021 à La Maréchalerie, centre d’art contemporain de Versailles, nous avons entamé un dialogue avec Antoine Jacobsohn, adjoint à la directrice de l’École Nationale Supérieure de Paysage, en charge du Potager du Roi, puis avec les jardiniers du site. De ces échanges puis de la rencontre avec le site des Tanneries, son histoire et l’architecture de la Grande Halle, où nous étions invités à concevoir une exposition avec les poiriers, est né le projet MATURITÉS.
À l’automne 2022, nous étions accueillis sur le site du Potager du Roi pour y déterrer 135 poiriers taillés en espalier, en fin de vie (60 à 140 ans). Aidé s par une cinquantaine de bénévoles, nous avons réalisé ce déterrage à la main, le plus précautionneusement possible.
Il était important de préserver au mieux l’intégrité des systèmes racinaires et des parties aériennes que l’on nomme charpentières. Cette expérience, très forte de vivre et de travailler plus de vingt jours entièrement immergés dans le jardin, reste marquante pour la
suite du projet. Elle a amené à repréciser les esquisses réalisées lors d’une résidence de recherche à Amilly, comment manipuler et livrer à voir, percevoir ces corps massifs, marcher auprès d’eux, entre eux.
L’exposition MATURITÉS invite à s’immerger parmi ces arbres déterrés avec grand soin, transportés puis présentés comme des corps précieux, anciens et fragiles. Ils portent, comme des palimpsestes, l’attention de plusieurs générations de jardiniers qui chaque année en ont taillé et formé les parties aériennes, récolté les diverses espèces de fruits, laissant mystérieuses et invisibles ces racines aujourd’hui mises à jour. CLARA fait se rencontrer le plan de la parcelle des poiriers au Potager du Roi, dans ses dimensions et orientations originelles, avec celui du bâtiment du centre d’art. Cette imbrication provoque la rencontre intime des mémoires propres aux deux lieux et à leurs usagers.
Les physionomies diverses et particulières des arbres ont guidé le choix de leurs présentations dans la grande halle. Les poiriers les plus anciens de la parcelle (lignes D et E), avec leurs porte-
La présence fascinante des arbres tient beaucoup aux tailles successives effectuées par l’équipe fruitière, celles-
Durant le déterrage, nous avons également collecté plusieurs centaines de fragments de céramique, poterie, verre, enfouis parmi les racines des poiriers. Ces tessons témoignent des différents travaux d’assèchement et de remblayage pratiqués au potager depuis sa création en 1683. La plupart des tessons datent du XIXe siècle. Ils renforcent la dimension d’archéologie qu’évoquait déjà le chantier de déterrage, creuser et traverser des strates de temps. Même avec leurs petites dimensions qui contrastent fort avec les poiriers, une place importante dans l’exposition leur revenait.
Ce projet monumental résonne avec le parcours de CLARA et ses engagements, les intuitions qui façonnent cette recherche collective, d’écoutes, d’attention la plus exigeante possible. Une recherche de veille, de radicalité pour découvrir et livrer un sens de l’instant, de l’ici, du vivant.
La rencontre avec l’équipe des jardiniers du Potager du Roi a permis d’ancrer ce projet autour des relations culture/nature. Ils vivent et pensent leur métier à la croisée des notions de patrimoine historique et d’intégration de connaissances toujours en évolution. Comment chaque génération préserve ce que les précédentes lui ont transmis depuis plusieurs siècles, tout en intégrant des principes parfois divergents ; les principes de liens aujourd’hui plus pris en compte, entre les règnes végétaux et animaux, leur environnement considéré en mouvement.
Exposition du 03 juin au 27 août 2023. Les Tanneries Centre d’art contemporain, 234 rue des Ponts -
© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2007 -