Exposition en cours
L’art qui dialogue avec l’environnement
Communiqué de presse
Le travail de Gabriela Albergaria s’attache à la notion de care, « théorie d’abord élaborée comme une éthique relationnelle structurée par l’attention aux autres » (1). Le care est ainsi une éthique qui maintient, répare, protège car elle manifeste « un souci de l’interdépendance du monde, une attention aux autres dans le besoin » (2). Cette « attention aux autres et la responsabilité face aux besoins du monde ont un sens éminemment politique et social : faire entendre toutes les voix et particulièrement celles qui ne participent pas aux processus de décision, quelles qu’elles soient » (3).
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Gilles Aillaud
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Marika Prévosto
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sandie hatem
jul 1 à 2h10 PM
Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent
En coproduction avec les Musées des beaux-
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Exposition du 10 décembre 2016 au 05 mars 2017.
Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes – 06570 Saint-
Exposition du 10 décembre 2016 au 30 mars 2017.
Espace de l’Art Concret, château de Mouans – 06370 Mouans-
À l’Espace de l’Art Concret, mettant en jeu le concept d’art total dans C’est à vous de voir..., , Pascal Pineau investit les espaces du Château pour en retrouver la fonction originelle, interrogeant la valeur d’usage des œuvres. Expérimentant les limites du décoratif et de l’ornemental, il ouvre un dialogue entre pièces issues de l’artisanat, du design, objets de brocante et œuvres d’art ‘proprement dites’. Ainsi, les salles d’exposition se transforment en une succession d’espaces domestiques fictifs. Cuisine, bureau, salon, chambre d’enfant, suite parentale… chaque pièce peut se percevoir comme un portrait en creux de l’artiste qui pose un regard introspectif sur une trentaine d’années de pratique artistique.
Sur l’invitation de Pascal Pinaud, Alexandre Curtet, fondateur de Loft interior designers, a été sollicité pour concevoir l’aménagement intérieur de ces espaces en dialogue avec ses œuvres, mais aussi celles d’artistes avec lesquels ce dernier partage des affinités esthétiques, comme Noël Dolla, Mathieu Mercier, Natacha Lesueur, Philippe Ramette…
Cette éthique du care s’attache dans le travail de Gabriela Albergaria à la question de la représentation de la Nature et de la voix silenciée de cette Nature dans cette représentation, qui omet la connectivité historique, politique et biologique du monde. Elle y défend « une autre manière d’organiser le tissu des relations entre les humains et les non-
Le point de départ de l’exposition repose ainsi sur ces processus cycliques d’auto-
C’est la projection en volume de cet essai pictural que nous propose ici l’artiste. Cette transposition dans l’espace repose là encore sur un processus invisible, celui que déploie le mycélium souterrain en des ramifications rhizomiques qui explorent, nourrissent et régénèrent le sol dans lequel il se développe. Les œuvres présentées tissent alors un champ de relations et de pensées sur la manière dont la matière organique se mobilise pour se décomposer et recomposer un écosystème où chacun trouve sa juste place. Car, comme l’indique justement Tim Ingold dans son essai Une brève histoire des lignes, il faut « imaginer que la vie [est] plutôt un composite tissé avec les innombrables fils que produisent des êtres de toutes sortes, humains et non humains, se déployant à travers cet entrelacs de relations dans lesquels ils sont pris » (6).
La figure de l’arbre, récurrente dans le travail de Gabriela Albergaria, est alors mobilisée pour évoquer cet ensemble complexe de liens, de pensées et d’attentions. Elle y surgit sous l’apparence du Hêtre pourpre du Parc de la Pépinière. Elle y surgit sous la forme de morceaux de bois, de dessins, de sculptures. Elle se mélange ainsi à un ensemble de petites pièces et de dessins. Certaines sont assez récentes, d’autres plus anciennes, conservées dans ses tiroirs en attendant le moment idéal pour prendre sens. Certaines sont plus figuratives, d’autres plus abstraites. Toutes sont prêtes à être lues et/ou interprétées.
Il ne reste alors qu’à « agencer tout cela selon des motifs suffisamment larges pour accueillir la diversité de ces objets rencontrés » (7). C’est ainsi que des lignes apparaissent sur les murs et les parcourent, reprenant celles que « pour peu qu’on soit attentif, on verra en se promenant dans la campagne, une infinité de lignes appartenant à la famille des fils, même si l’ordre linéaire de la nature se retrouve surtout sous terre, sous forme de racines, de rhizomes et de myceliums fongiques » (8). Ces lignes, fils se transforment alors en traces, définissent des surfaces, un peu comme celles des pages d’un livre. Ces lignes se superposent, se croisent. Elles forment une grille qui agit plus comme l’atlas « Mnémosyne » d’Aby Warburg que comme la mise en œuvre d’une temporalité : il s’agit pour Gabriela Albergaria de tisser à son tour des fils invisibles qui relient la multiplicité de formes et de langages d’une recherche polyforme.
S’ensuivent alors des processus d’édition, d’assemblage, de reconfiguration et de métamorphose qui sont au cœur de la méthodologie de Gabriela Albergaria. Ce collage, cet assemblage lui permet non pas de faire de l’art à partir de la nature, mais « de transformer notre relation imaginative […] avec le naturel […] à travers le mécanisme primordial de l’observation sensorielle » (9) et d’insister sur l’interdépendance des vies.
Le care de Gabriela Albergaria concerne ainsi fondamentalement notre monde dans son essence, la possibilité de sa donation. Il appelle « une activité d’accompagnement en vue du développement, du maintien ou de la restauration d’une puissance d’être, de dire ou d’agir » (10), et pour commencer, d’entrer dans une autre logique de l’action. Car comme le dit Bruno Latour, « dès qu’on se rapproche des êtres non humains, on ne rencontre pas chez eux l’inertie qui nous permettrait par contraste de nous prendre pour des agents, mais, au contraire, des puissances d’agir qui ne sont pas sans lien avec ce que nous sommes et ce que nous faisons » (11). Il existe ainsi d’autres manières que celle des humains de faire, de se défendre, de se protéger, de résister : « nos alliés sont multiformes, considérablement plus nombreux et divers que ce que notre imagination laisse entrevoir. Il s’agit non pas de fantasmer ces autres manières mais d’apprendre à mieux les connaître, à les rencontrer, à les défendre, à les amplifier et à les associer à nos combats » (12). De cette écologie multi-
(1) in Fabienne Brugère, L’éthique du « care », Que sais-
(2) ibid, p 23
(3) Ibid p 25
(4) in Léna Balaud & Antoine Chopot, Nous ne sommes pas seuls, Seuil, 2021, p 21
(5) in Delfim Sardo, A atenção sensível, in Gabriela Albergaria, A Natureza detesta Linhas Rectas, Mousse Publishing, 202, p 15
(6) in Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Points, 2024, p19
(7) in Georges Didi-
(8) in Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Points, 2024, p 83
(9) in Delfim Sardo, A atenção sensível, in Gabriela Albergaria, A Natureza detesta Linhas Rectas, Mousse Publishing, 202, p 21
(10) in Fabienne Brugère, L’éthique du « care », Que sais-
(11) in Bruno Latour « Face à Gaïa », Paris, La découverte/les Empêcheurs de penser en rond, 2015
(12) in Léna Balaud & Antoine Chopot, Nous ne sommes pas seuls, Seuil, 2021, p 24
Exposition du 16 mars au 13 juillet 2025. OpenSpace Pop-
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