Exposition en cours
L’art qui dialogue avec l’environnement
Communiqué de presse
Avec : Malala Andrialavidrazana | Sammy Baloji | David Damoison | Thierry Fontaine | Jean-
Prolongement du parcours : David Enon | Geert Goiris | Morgan Fache
“Aucun territoire ne commence à l’horizon. L’horizon n’est que la limite de notre regard. Le territoire commence bien avant : dans une langue, une migration, une archive, une carte, un corps ou un récit. Il se construit dans les relations qui unissent les paysages aux mémoires, les usages aux matières, les circulations aux identités et les vivants aux milieux qu’ils habitent.”
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Gilles Aillaud
Important
Marika Prévosto
À
sandie hatem
jul 1 à 2h10 PM
Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent
En coproduction avec les Musées des beaux-
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Exposition du 10 décembre 2016 au 05 mars 2017.
Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes – 06570 Saint-
Exposition du 10 décembre 2016 au 30 mars 2017.
Espace de l’Art Concret, château de Mouans – 06370 Mouans-
À l’Espace de l’Art Concret, mettant en jeu le concept d’art total dans C’est à vous de voir..., , Pascal Pineau investit les espaces du Château pour en retrouver la fonction originelle, interrogeant la valeur d’usage des œuvres. Expérimentant les limites du décoratif et de l’ornemental, il ouvre un dialogue entre pièces issues de l’artisanat, du design, objets de brocante et œuvres d’art ‘proprement dites’. Ainsi, les salles d’exposition se transforment en une succession d’espaces domestiques fictifs. Cuisine, bureau, salon, chambre d’enfant, suite parentale… chaque pièce peut se percevoir comme un portrait en creux de l’artiste qui pose un regard introspectif sur une trentaine d’années de pratique artistique.
Sur l’invitation de Pascal Pinaud, Alexandre Curtet, fondateur de Loft interior designers, a été sollicité pour concevoir l’aménagement intérieur de ces espaces en dialogue avec ses œuvres, mais aussi celles d’artistes avec lesquels ce dernier partage des affinités esthétiques, comme Noël Dolla, Mathieu Mercier, Natacha Lesueur, Philippe Ramette…
À travers les œuvres de la collection du FRAC Réunion, l’exposition suit différentes façons de faire territoire. Le paysage y côtoie le corps, la carte, l’archive ou l’espace domestique. Les mémoires, les déplacements, les héritages coloniaux et les manières d’habiter viennent en déplacer les contours. Autant de récits qui font apparaître le territoire dans ce qui le construit, le traverse et le transforme.
Aucun territoire ne commence à l’horizon. L’horizon n’est que la limite de notre regard. Le territoire commence bien avant. Dans une langue, une archive, une migration, une image, une carte, un récit ou un corps.
Nous avons longtemps considéré les territoires comme des espaces mesurables, que l’on pouvait décrire ou représenter. Pourtant, ils ne préexistent jamais aux liens qui les composent. Ils se construisent au fil des circulations, des héritages, des usages, des croyances, des savoirs et des façons d’habiter. En cela nous pouvons attester que Le territoire n’est pas une donnée : il est un processus.
Nous avons tout autant appris à regarder les paysages comme des décors. Une forêt, un rivage, une montagne ou un arbre semblaient appartenir à un monde extérieur au nôtre, presque silencieux, presque immuable. Les cartes leur donnaient des contours. Les photographies les transformaient en images. Les sciences les décrivaient. Les politiques les administraient. Pourtant, les paysages ne sont jamais silencieux. Chaque forêt est traversée de gestes, chaque rivage porte la mémoire de celles et ceux qui l’ont parcouru, chaque plante raconte une histoire de circulation, d’acclimatation ou de conquête, chaque pierre conserve la trace d’un usage, d’une extraction ou d’une croyance. Les paysages sont eux-
La notion d’éco-
Les œuvres réunies dans cette exposition prolongent cette interrogation. Chacune s’attache, à sa manière, aux mécanismes qui façonnent les réalités spatiales. Avec Terre, ici la couleur est évidente, Thierry Fontaine transforme une flaque de sang en une géographie imaginaire et rend poreuses les frontières entre corps, paysage et territoire vécu. Pascale Simont envisage le corps comme un milieu perméable où se rencontrent l’humain, le végétal, l’animal et le minéral. La photographie World, de Jean-
Si leurs démarches diffèrent, toutes déplacent cependant notre attention vers ce qui fait territoire : les gestes, les récits, les échanges et les transformations qui le façonnent. Sans avoir été réunies autour de cette intention, ces œuvres composent pourtant un récit commun. Elles proposent de lire le territoire moins à partir de ses frontières ou de ses représentations qu’à travers les attachements, les déplacements et les histoires qui le constituent.
L’océan Indien constitue un espace particulièrement fécond à cette approche. Depuis des siècles, les vents et les courants marins y dessinent les routes des hommes comme celles des plantes. Les migrations, échanges, métissages et résistances y composent une géographie profondément relationnelle. Les paysages ne peuvent être dissociés des histoires qui les ont produits. Le territoire apparaît comme une réalité mouvante, sans cesse retravaillée à partir d’expériences et de projections.
Ce fil de lecture trouve une résonance particulière dans la collection du FRAC Réunion. Constituée depuis près de quarante ans autour des scènes artistiques de La Réunion, de l’océan Indien et, plus largement, des Suds, elle rassemble des œuvres qui envisagent les territoires non comme des identités fixes, mais comme des espaces traversés par des circulations, des transformations et des rapports de force. Bien avant que les notions d’éco-
Le parcours d’exposition repose sur un parti pris : réunir des œuvres qui, ensemble et chacune interrogent ce qui fait territoire et donnent à voir les relations, les gestes et les histoires qui fabriquent les lieux.
Prolongement du parcours
Présentées initialement dans l’exposition Préliminaires pour un verger futur proposée par Louisa Grondin et Anna Vrinat, les œuvres Les hauts d’une île (2018) de Morgan Fache et Trope (2006) de Geert Goiris prolongent cette nouvelle proposition curatoriale tout en faisant émerger de nouvelles résonances.
Chez Morgan Fache, le paysage devient une archive vivante où la végétation laisse affleurer les traces d’une histoire géologique, écologique et postcoloniale. Chez Geert Goiris, le paysage se dérobe à toute lecture documentaire : le palmier, rendu presque sculptural, estompe les frontières entre nature et culture et entraîne le regard vers une expérience plus incertaine de la représentation.
Toutes deux rappellent que le territoire n’est jamais une évidence.
Le projet Mineral Accretion Factory de David Enon est présenté dans le jardin-
Dévoilée à l’occasion de France Design Week 2025, cette installation est issue d’un programme de recherche mené depuis plus de dix ans autour de l’accrétion minérale, procédé scientifique initialement développé pour la restauration des récifs coralliens. En détournant cette technologie pour produire du mobilier, David Enon met en relation création artistique, recherche scientifique et écologie des matériaux, et imagine de nouvelles alliances entre le vivant, les savoirs et les usages.
En guise d’épilogue
Les territoires commencent ailleurs n’est pas née tout à fait là où elle arrive aujourd’hui.
À son origine, il y a les recherches menées par Christiane Rafidinarivo, Politiste, Docteure Habilitée à Diriger des Recherches en Science Politique LCF à l’Université de La Réunion autour des éco-
Les œuvres ont ensuite fait leur travail et ont naturellement déplacé le projet. Du paysage au corps, des migrations aux cartes, des mémoires aux héritages coloniaux, des espaces domestiques aux manières d’habiter, elles ont progressivement ouvert d’autres chemins. L’éco-
Présentée pendant une année universitaire, elle pourra à son tour évoluer, accueillir de nouvelles contributions et être réactivée à différents moments du parcours.
Convergences
Cette proposition ne part pas directement de ces références, mais elle croise des questions qui traversent aujourd’hui l’anthropologie, la philosophie et les sciences humaines autour des vivants, des milieux et des territoires. On retrouve ces préoccupations, par des chemins différents, dans les travaux de Tim Ingold, Anna Tsing, Philippe Descola, Baptiste Morizot, Donna Haraway ou encore Édouard Glissant.
Jean-
Exposition du 28 août 2026 au 15 juillet 2027. Bibliothèque Universitaire Droits-
© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2007 -