Le texte de Paul Ardenne, écrivain et historien de l’art
Cette cinquième exposition de JR à la galerie Perrotin s’ouvre au moment même où l’artiste, avec une audace peu commune, réalise à Paris sa monumentale Caverne du Pont Neuf (du 6 au 28 juin 2026). Ce projet d’art dans l’espace public, d’une indiscutable originalité et d’ores et déjà mythique, aura consisté à faire un temps du Pont-Neuf, le plus vieux pont de Paris, une passerelle transformée en grotte de toile imprimée de 120 mètres de long pour 20 mètres de large et 18 mètres de haut, installation immersive que le public a tout loisir de contempler ou de traverser vingt-quatre heures sur vingt-quatre, près d’un mois durant.
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Gilles Aillaud
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Marika Prévosto
À
sandie hatem
jul 1 à 2h10 PM
Gilles Aillaud, Le silence sans heurt du présent
En coproduction avec les Musées des beaux-arts de Rennes et de Saint-Rémy de Provence, cette rétrospective parrainée par la Fondation d’Entreprise Michelin est la première grande exposition consacrée à l’artiste depuis 10 ans. Une cinquantaine de tableaux provenant de grandes collections publiques et privées seront exposés au FRAC Auvergne.
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Exposition du 10 décembre 2016 au 05 mars 2017. Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes – 06570 Saint-Paul de Vence. Tél. : +33 (0)4 93 32 81 63. Ouverture tous les jours de 10h à 18h.
Exposition du 10 décembre 2016 au 30 mars 2017.
Espace de l’Art Concret, château de Mouans – 06370 Mouans-Sartoux. Tél. : +33 (0)4 93 75 71 50. Ouverture du mercredi au dimanche de 13h à 18h.
À l’Espace de l’Art Concret, mettant en jeu le concept d’art total dans C’est à vous de voir..., , Pascal Pineau investit les espaces du Château pour en retrouver la fonction originelle, interrogeant la valeur d’usage des œuvres. Expérimentant les limites du décoratif et de l’ornemental, il ouvre un dialogue entre pièces issues de l’artisanat, du design, objets de brocante et œuvres d’art ‘proprement dites’. Ainsi, les salles d’exposition se transforment en une succession d’espaces domestiques fictifs. Cuisine, bureau, salon, chambre d’enfant, suite parentale… chaque pièce peut se percevoir comme un portrait en creux de l’artiste qui pose un regard introspectif sur une trentaine d’années de pratique artistique.
Sur l’invitation de Pascal Pinaud, Alexandre Curtet, fondateur de Loft interior designers, a été sollicité pour concevoir l’aménagement intérieur de ces espaces en dialogue avec ses œuvres, mais aussi celles d’artistes avec lesquels ce dernier partage des affinités esthétiques, comme Noël Dolla, Mathieu Mercier, Natacha Lesueur, Philippe Ramette…
JR, Les esquisses de la Caverne Galerie Perrotin, Paris Marais 05.06 - 25.07.2026
Hommage, quarante et un an après, au Pont-Neuf empaqueté de Christo et Jeanne-Claude (1985), La Caverne du Pont Neuf s’inscrit dans la lignée des grands trompe-l’œil réalisés par JR ces dernières années au Louvre, à l’Opéra de Paris ou encore en façade de palais italiens. Inspirées par le thème de la caverne platonicienne et les débats sur la perception (qu’est-ce que voir ? voir suscite-t-il le sentiment du vrai ou l’imaginaire ?), ces propositions incitent à méditer sur le faux-semblant, l’illusion et les formidables pouvoirs d’artifice de l’art, apte à transformer le monde, à projeter nos consciences dans des univers autres, inédits, inouïs, ainsi qu’à stimuler, s’agissant de sa composante publique, le vivre-ensemble. La Caverne du Pont Neuf telle que l’a conçue JR métamorphose le paysage urbain parisien. Par le truchement de la magie artistique, un équipement fonctionnel historique de la Ville Lumière y devient un boyau aux airs de tunnel de montagne qu’anime tout à la fois la musique, confiée à Thomas Bangalter, ex-Daft Punk, ainsi qu’un programme de visite interactif aiguisant les sens. « C’est une avancée vers l’inconnu, dit l’artiste, un voyage en soi. J’ai conçu le franchissement de la Caverne comme une expérience où le plein et le vide vivront en équilibre ». Un sommet de dépaysement garanti.
D’une cohérence thématique voulue, les œuvres plastiques présentées à la galerie concomitamment à la mise à disposition physique, au bénéfice du public, du Pont-Neuf relooké sont autant de dessins préparatoires du projet, à l’image des nombreuses images que Christo et Jeanne-Claude réalisaient en amont de leurs réalisations. À la fois prospectifs et descriptifs, ceux-ci sont le fondement même du projet, un historique de son élaboration factuelle et pas-à-pas, à la fois le résultat d’une écriture mentale et d’un travail assidu de conception et d’agencement.
Ces croquis préparatoires, devenus autant d’œuvres d’art en soi, sont élaborés selon une même technique faisant entrer en ligne de compte plusieurs médiums. La photographie, d’abord. JR « shoote » sous différents angles le Pont-Neuf et en sélectionne les images. Le dessin, ensuite. L’artiste, en atelier, dessine puis découpe les formes minérales qu’adoptera la vraie Caverne du Pont Neuf en s’inspirant d’éléments de paysage vus et glanés dans divers sites montagneux ou sous-marins : il en préfigure ce faisant l’apparence finale. Autre médium, le zinc en plaques appelé à recueillir, à titre de support, tant les photographies que les dessins, par collage. Celui-ci, récupéré à partir de découpes de toits parisiens et présenté tel quel, porteur des marques et de l’empreinte du temps, donne son tour contextuel à ces réalisations, leur touche stricto sensu « parisienne ».
À ce geste de collage et de montage qui évoque la manière de travailler, à travers sa Combine Painting, d’un Robert Rauschenberg, par accumulation et juxtaposition d’éléments disjoints, JR ajoute enfin, pour ses dessins, une phase de froissage calculé, dans ce but : boursoufler ceux-ci, leur conférer un volume. Photographie, dessin, collage, manipulation gestuelle se cumulent ici pour un résultat homogène entre bi- et tri-dimension, une fois chaque élément « monté » sur le support de zinc – une fiche-programme de construction pensée non pas comme tant comme un graphique technique que comme une rêverie, déjà, sur l’œuvre ultime, la vraie Caverne du Pont Neuf telle qu’elle se présentera, une fois réalisée, au visiteur-spectateur.
JR, depuis un quart de siècle, accompagne ses réalisations dans l’espace public d’un bagage esthétique plus léger, ses collages ou encore, ainsi qu’il les dénomme, ses Dé-compositions. Ces travaux d’image à vocation privée, qu’il s’agisse de photographies ou de lithographies, se caractérisent toutes par le primat du montage et de la juxtaposition de fragments visuels. Le monde brut tel que l’envisage JR, symboliquement parlant, est un agglomérat de formes distinctes, séparées, isolées. Il revient dès lors à l’artiste, prompt ici à recomposer ce que la réalité décompose, de faire tenir ensemble ces isolats, dans une perspective de réconciliation, de réunification et de concorde. Comme à orchestrer pour son mieux-être, en visant l’harmonie et la surprise positive, notre univers trop riche de dépareillements et de solitudes.
JR a transmis le bilan des visites de La Caverne du Pont-Neuf :
- 6,4 millions de spectateurs
- 535 000 traversées, soit 41 000 visiteurs par jour
90% des matériaux seront réutilisés. La structure intérieure sera stockée et réutilisée pour de futurs projets de JR. La toile extérieure, quant à elle, prendra une nouvelle forme, autour de trois axes : Relier / Abriter / Inspirer.
JR remercie les 850 personnes qui ont rendu ce projet fou possible : celles qui ont construit La Caverne de leurs mains, les équipes qui l'ont veillée jour et nuit, ses partenaires.
Exposition du 05 juin au 25 juillet 2026. Galerie Perrotin, 76 rue de Turenne - 75003 Paris. Ouverture du mardi au samedi de 10h à 18h.